Application Météo-France, le jeu des devinettes

L’application Météo-France me permet d’évoquer rapidement un point important en conception d’interface : l’affordance, c’est-à-dire la capacité d’un élément à suggérer sa propre utilisation (plus d’informations sur Wikipedia).

Dans son livre Ergonomie Web : pour des sites web efficaces que j’ai rouvert pour l’occasion, Amélie Boucher évoque deux dimensions capitales à prendre en compte.

01. Optimiser l’affordance « vous pouvez me cliquer »

Voici la page d’accueil de l’application.

Application Météo-France - accueil

Question : qu’est-ce qui permet à l’utilisateur de savoir que le picto central est cliquable (disons interactif, puisqu’il s’agit d’une interface tactile) ? À mon avis, rien du tout. Pourtant de nombreuses informations se cachent derrière cette zone :

Application Météo-France - informations cachées

02. Optimiser l’affordance « vous pouvez interagir avec moi »

Seconde question : qu’est-ce qui permet à l’utilisateur de savoir que l’on peut faire défiler la page ? Cette fois encore, je ne vois pas. Pourtant la partie inférieure regorge d’informations :

Application Météo-France - page d'accueil complète

L’ancienne version de l’application avait déjà été largement commentée par le grand iergo ; je pense qu’il y a encore pas mal de travail à faire pour rendre cette dernière mouture plus facile à utiliser.

N.B. Pour l’anecdote, c’est ma fille de 3 ans qui m’a fait découvrir ces deux interactions, en tripotant mon téléphone lorsque j’utilisais l’application. Peut-être devrais-je la laisser utiliser mon smartphone plus souvent ?

Ma double déception Monument Valley

Le mois dernier je cherchais un jeu vidéo pour m’accompagner quelques heures, pendant une petite semaine de vacances. Quelque chose de court (je suis plutôt adepte de RPG en général, mais là ça ne collait pas) et de bon. J’ai beaucoup entendu parler de Monument Valley ces derniers mois, je l’ai donc acheté sur tablette.

Monument Valley - Screenshot 1

Le jeu a très bonne presse ; son seul point faible semble être sa durée de vie, qui ne dépasse pas quelques heures. Conscient de cette faiblesse, les développeurs proposent depuis peu des niveaux supplémentaires. À première vue, Monument Valley colle parfaitement à mes critères. Je le lance.

Rapidement, je rejoins les avis positifs : le jeu est beau et malin. Mais… Tout aussi rapidement, je m’interroge : le jeu est court c’est entendu, mais est-ce qu’il est difficile, à un moment ?

Monument Valley - Screenshot 2

Trente minutes après avoir lancé le jeu, j’ai bouclé les sept premiers tableaux, sans me presser. Le jeu en compte dix, autant dire que je l’aurai terminé dans quelques minutes.

C’est là que je ne rejoins plus du tout la critique. Personnellement (j’insiste sur le côté personnel de cette remarque), j’estime qu’un jeu doit proposer un challenge. Il peut être court, mais il faut au moins que j’ai l’impression de réfléchir. Le “jeu” auquel j’ai “joué” ici, c’est un joli décor dans lequel je me promène. C’est si facile qu’il n’y a quasiment aucune réflexion de ma part. Et on ne trouve même pas un petit challenge supplémentaire à base d’items cachés ici et là, dont la collecte permettrait d’accéder à de nouveaux niveaux (une idée trop éloignée de l’esprit du jeu je pense). Impossible de considérer Monument Valley comme un bon jeu, il est beaucoup trop facile. En exagérant le trait, je me demande presque s’il s’agit d’un jeu.

Je suis doublement déçu : déçu de l’absence de challenge, et… déçu d’être déçu, parce que j’avais vraiment envie de l’aimer, ce jeu !

Web mobile : même les meilleurs oublient de tester ?

Je consulte ce matin le top 100 des e-mails marketing de 2014 de Campain Monitor (via ‏@kReEsTaL), une plateforme d’emailing souvent considérée comme une référence dans son secteur. Voici la page regroupant les meilleurs e-mails en terme de performance :

Campaign Monitor - les e-mails les plus performants

Lorsque je scrolle, un layer d’inscription à la newsletter apparaît en bas à droite de la page.

Campaign Monitor - layer en bas à droite

C’est un layer assez classique, qu’une petite croix judicieusement située en haut à droite permet de fermer. Je clique sur cette croix, le layer disparaît, tout va bien.

Je me rends ensuite sur la page des meilleurs e-mails en terme de design. Déception : bien que j’aie fermé le layer sur la page précédente, il apparaît ici à nouveau.

Campaign Monitor - layer sur une autre page

C’est mal fichu (j’ai déjà signalé au site que son layer ne m’intéressait pas, ce n’est sûrement pas en me l’affichant à nouveau que je vais changer d’avis), mais ce n’est pas le plus gênant.

Lorsque je redimensionne ce site responsif, le comportement du layer change. Au premier point de rupture, le layer n’apparaît plus seulement au scroll, mais dès le haut de la page.

Campaign Monitor - layer inamovible, bouton "fermer" caché

Et surtout : la croix permettant de le fermer a disparu ! Il est désormais impossible de le masquer. Et si ça ne me pose pas (trop) de problème ici, sur un ordinateur dont je redimensionne la fenêtre, la situation est très différente sur mobile :

Campaign Monitor - consultation sur mobile

Le layer masque ici une partie non-négligeable de l’écran, ce qui est particulièrement désagréable pour consulter la page. Et comme il est impossible de le masquer, eh bien… tant pis pour moi.

Une fois encore, un simple test aurait permis aux concepteurs de constater la gêne qu’engendre ce layer. Cette fois aussi le problème est mineur et relativement simple à résoudre. Alors, quand est-ce qu’on teste ?