Pimkie, une page d’accueil… surprenante

Je découvre sur le site de Mathieu Fauveaux la nouvelle fiche produit du site Pimkie. Curieux, je vais jeter un œil au reste du site.

Voici une copie d’écran de la page d’accueil.

Pimkie.fr - homepage

Autant le dire tout de suite, ma visite s’arrêtera là.

L’inconvénient d’une copie d’écran, c’est que l’on ne voit pas les animations. J’ajoute donc cette mention : le menu « LA COLLECTION », ouvert sur le screenshot ci-dessus, se ferme au bout de quelques secondes.

Je la refais, pour être le plus clair possible : le menu de navigation s’ouvre lorsque j’arrive sur le site et se ferme quelques instants plus tard.

Quel peut être le but de cette animation ? Malheureusement, je n’en vois qu’un seul : les clients ne trouvent pas immédiatement ce qu’ils sont venus chercher sur le site. À ce moment-là, pourquoi, pourquoi ne pas avoir modifié la barre de navigation en y insérant les catégories de produits ?!

L’équipe qui a conçu le site veut manifestement pousser des contenus : blog, jeu concours, looks du moment. Très bien, mais pas à cet endroit ! Les clients s’attendent à trouver les catégories de produits dans la barre de navigation principale, pourquoi y mettre autre chose ?! Point important : ce n’est pas parce que ces contenus figurent à un endroit « chaud » (la barre de navigation principale) qu’ils seront vus par le client.

De mémoire, la barre de navigation principale du site de Pimkie a toujours fonctionné de cette manière. Cette animation à l’ouverture du site me laisse penser que le problème posé par ce choix est connu, alors pourquoi ne pas le résoudre sérieusement plutôt que de chercher des solutions alternatives incongrues, lourdes et peu efficaces ? Cette animation est d’autant plus inutile qu’elle ne concerne que les visiteurs qui passent par la page d’accueil, autant dire certainement pas la majorité.

Bon, voilà pour le point qui m’a le plus marqué sur cette page d’accueil. Cela dit, ce n’est pas la seule chose qui me chagrine, loin de là. Le point suivant est un grand classique du moment : le carrousel.

Pimkie.fr - carrousel en homepage

Je fais court : les slides défilent automatiquement, beaucoup trop vite et en permanence (c’est tellement pénible que j’ai préféré fermer la fenêtre pour rédiger mon article) et le contrôle utilisateur est quasi-inexistant. Confrères concepteurs, je vous renvoie à ces deux articles sur le sujet : 5 big usability mistakes designers make on carousels et Ergonomie des carrousels : 10 principes à respecter. Oh, et à ce bref article de Jakob Nielsen : Auto-Forwarding Carousels and Accordions Annoy Users and Reduce Visibility.

Quant au reste de la page, je fais plus court :

• les textes sont beaucoup trop petits. La barre de navigation principale utilise une police en équivalent 10px, même les liens du footer sont plus grands ! Encore une lecture intéressante (là aussi, on en trouve des milliers sur internet) : 16 pixels for body copy. Anything less is a costly mistake.

• Toujours au sujet de la barre de navigation : les items du menu sont trop proches et peu lisibles. L’ajout de caractères fantaisistes, très tendance bien sûr, n’arrange rien.

• Color forecast : c’est quoi ? Vous connaissez beaucoup de gens qui vont trouver le temps de flâner sur votre site et s’amuser à cliquer sur un lien (joli contraste, au passage) sans savoir ce qui se trouve derrière ?

• Le poids donné aux différents éléments du header me laisse perplexe : l’encart Facebook prend plus de place que les liens « mon compte » et « mon panier » réunis !

• Le faux champ texte d’inscription à la newsletter, en dessous du carrousel, est particulièrement énervant : lorsque je clique dedans pour insérer mon adresse e-mail, une fenêtre s’ouvre et m’impose de remplir un long formulaire (oui, 8 questions pour une simple inscription à la newsletter c’est TRÈS LONG). Pas du tout décourageant.

Pimkie.fr - layer d'inscription à la newsletter

(Il y a même un bouton « Annuler » ! Ça faisait longtemps.)

• L’intégration des encarts sociaux (Facebook, Google+, Youtube, Twitter, n’en jetez plus !) est dégueulasse.

• Plus anecdotique : certaines majuscules ont des accents (NOUVEAUTÉS), d’autre pas (VIDEO, CONNECTES).

• Plus anecdotique mais amusant : on peut faire une recherche sans remplir le champ de recherche.

Bien. Comme je le disais plus haut, ma visite s’arrêtera là.

Interface utilisateur : les détails qui font la différence (vidéos)

Sur le principe de littlebigdetails*, quelques exemples de détails d’interfaces plus ou moins utiles qui nous simplifient la vie.

• Mac OS X : menu contextuel dynamique

Le clic droit offre à l’utilisateur de la plupart des systèmes d’exploitation un certain nombre de commandes pas ou peu accessibles autrement. Certaines fonctions restent cependant masquées, comme « ajouter au menu démarrer » sur Windows XP par exemple (il faut maintenir la touche Shift enfoncée avant d’effectuer un clic droit pour faire apparaître cette ligne.)

Les concepteurs d’OS X ont pensé à une alternative pour ces fonctions cachées : elles s’affichent dynamiquement (c’est la différence avec l’exemple ci-dessus) lorsque l’utilisateur enfonce la touche Alt.

• Mac OS X : affichage en colonnes et lisibilité du texte

Le Finder de Mac OS X permet à l’utilisateur de sélectionner un mode d’affichage parmi quatre. Le mode « colonnes » présente l’ensemble des fichiers de la machine sous forme de colonnes successives.

Lorsque la colonne est trop étroite pour afficher le nom entier du fichier présenté, des points de suspension remplacent les lettres manquantes. Mais avant d’afficher ces points, OS X diminue légèrement l’interlettrage afin de garder le nom du fichier entier.

Vous me direz : au lieu de s’amuser à implémenter ce genre de fonctionnalités, les concepteurs du Finder feraient bien d’améliorer le Finder lui-même. Je suis bien d’accord.

• Dailymotion : progression de la vidéo

Un classique. Lors de la lecture d’une vidéo sur Dailymotion (et lorsque le pointeur de la souris ne se trouve pas sur la vidéo), le logo « Dailymotion » situé en bas à droite se remplit progressivement de blanc.

Bien sûr, on pourrait assez facilement faire l’inverse de Littlebigdetails et créer un blog répertoriant les erreurs les plus « évitables » qui soient.

• Littlebigmistakes : publier une vidéo sur Vimeo

Pour publier une vidéo sur Vimeo avec un compte gratuit, il vaut mieux être patient : le site impose un délai de 30 minutes entre le moment de l’envoi et la mise en ligne réelle du fichier. Soit, c’est une restriction comme une autre. En revanche, j’ai été très surpris de voir qu’il existait une limite à la taille du fichier publié. Une limite… basse, c’est-à-dire qu’il est impossible de mettre en ligne une vidéo trop légère !

Littlebigmistakes - poids minimal d'une vidéo sur Vimeo

L’erreur ici est de ne pas préciser quelle est cette limite…

• Littlebigmistakes : mettre à jour ses logiciels Adobe

Application Manager est un petit programme d’Adobe qui s’installe automatiquement avec la suite CS et qui permet de maintenir à jour l’ensemble des logiciels qui la composent. De temps en temps, lorsque je lance l’un de ces logiciels, une icône apparaît dans la barre supérieure de l’écran. Si je clique dessus, un message m’indique que « [l’]Ouverture de l’actualiseur [est] en cours… ». (Note : la vidéo suivante contient une musique qui illustre assez bien le propos.)

L’ouverture n’est évidemment pas en cours ; pour afficher l’actualiseur il faut cliquer sur le libellé. Un bien mauvais choix de mots…

* Littlebigdetails.com est un blog visiblement très apprécié sur lequel différents contributeurs publient de nombreux détails d’interfaces qui les interpellent.

Vanessa Bruno pour La Redoute : un mini-site élégant mais perfectible

L’arrivée de produits Vanessa Bruno (attention : redimensionnement automatique du navigateur) sur le site de La Redoute a été largement commentée sur les sites et blogs spécialisés. Il y a quelques jours, c’est sur Facebook que j’ai trouvé le lien menant au mini-site dédié à cette collection. Je m’y rends pour jeter un œil.

Ma première impression est très positive : l’aspect franchement épuré de l’ensemble convient parfaitement à un créateur de mode (je lis ici que « ses créations sont épurées, sobres, parfois même minimalistes. Elle porte une attention toute particulière aux pastels chauds : pêche, chair, jaune claire sont des teintes qui colorent une majorité de ses pièces »).

Certains choix viennent cependant dégrader l’expérience utilisateur du visiteur, à commencer par la taille et la couleur de la police sélectionnée : les liens sont en Garamond 11pt gris clair sur fond blanc. Ce choix typographique, bien que cohérent, perturbe la navigation. Il est pourtant possible d’utiliser des textes un peu plus grands et plus contrastés sans remettre en cause l’aspect minimaliste de l’ensemble.

Autre problème, lié à la présentation sur 3 colonnes de cette homepage : le visiteur risque au premier coup d’œil d’associer chaque photo avec le texte qui le surmonte. Les titres et liens situés au dessus des images ne sont pourtant pas leurs légendes, il s’agit bien d’éléments distincts.

Je clique sur l’image de droite, une photo de femme donc, et je suis redirigé vers une page « Maison » (c’est le très -trop- léger contraste du lien du menu qui me l’indique). L’élément important de la photo (la couette, qui rappelle le linge de maison) aurait sans doute gagné à être mis en valeur.

Une fois encore, la page sur laquelle je me trouve désormais est très élégante. Une fois encore, les textes de la page sont trop petits et peu lisibles. Bizarrement, 2 des 7 produits mis en scène sur la photo sont des vêtements. Les clientes n’auront pas forcément l’idée d’aller les chercher dans la catégorie « Maison » du mini-site.

Je clique sur la taie d’oreiller afin d’afficher la description du produit. La structure de la page qui s’ouvre alors gagnerait à être revue : un bon tiers de l’espace disponible est inutilisé. Le titre du produit, cette fois bien lisible (police plus grande, en noir sur fond clair), se retrouve collé tout en bas de la page, surmontant une courte description difficilement déchiffrable. La taille de la fenêtre de zoom, affichée au survol, laisse songeur. Quant au bouton de retour à la page précédente, je vous laisse le soin de le trouver…

La plus grande déception de cette page vient toutefois du bouton « voir la fiche produit » : il n’est donc pas possible de commander directement via ce mini-site.

Je clique sur le lien « Tous les produits maison », pensant être redirigé vers la page « Maison » que j’ai consultée il y a quelques instants. Ce n’est pas le cas : je me trouve maintenant sur une page présentant les 8 produits de la collection. Le défilement automatique des articles permet de mieux distinguer la présence d’une scrollbar en bas de la page. Cette dernière est malheureusement beaucoup trop fine pour être utilisée facilement.

Étrangement, je retrouve dans cette liste un produit que j’ai vu sur la photo mais qu’il n’était pas possible d’acheter jusqu’à maintenant : la housse de couette. Je clique dessus, puis sur le bouton « Voir la fiche produit ».

Je suis alors basculé vers une fiche produit classique du site de La Redoute. Cette sortie brutale de la boutique dédiée, à la fois déroutante et peu élégante, est la source d’un problème gênant  : il n’est pas possible de revenir à la page précédente. Pire : si j’utilise le bouton « Page précédente » de mon navigateur, je suis renvoyé vers la homepage du mini-site et je dois me débrouiller pour revenir sur la page qui m’intéresse.

Un coup d’œil au breadcrumb en haut de la page me permet de constater que je ne me trouve pas au cœur d’une sélection de produits « Vanessa Bruno » mais dans la partie « housse de couette fantaisie » du site de La Redoute. Il ne me sera donc pas possible de retrouver tous les produits Maison par ce biais.

En dernier recours, je clique sur le logo « Vanessa Bruno » en haut à gauche : je suis redirigé vers une page présentant toutes les housses de couette fantaisie du site. Pas très logique.

Bonus

Retrouver la boutique Vanessa Bruno au milieu du site de La Redoute n’est pas chose facile, surtout en cette période de soldes. Un petit bandeau est présent en bas de la page des marques, mais le moyen le plus simple reste de taper « Vanessa Bruno » dans le moteur de recherche. Le visiteur est alors automatiquement redirigé sur le mini-site dédié.

Cette redirection instantanée peut être déroutante pour certains clients, qui s’attendent à l’affichage d’une liste de produits classique. Il est toutefois possible d’accéder à une liste de produits Vanessa Bruno : il suffit de ne taper que « Vanessa » dans le moteur de recherche.

Bilan

textes trop petits et peu lisibles
structures de certaines pages
sortie du mini-site pour commander
éléments d’interface à revoir (bouton précédent, scrollbar, zoom)
certains liens ne renvoient pas vers le bon contenu
bouton « page précédente » inutilisable